À l’occasion du salon de Genève en 1966, la spectaculaire Lamborghini Miura a déjoué toutes les attentes, exhibant un design révolutionnaire et une innovation mécanique sans précédent. Véritable pionnière, cette supercar italienne a marqué un tournant dans l’histoire automobile grâce à son moteur V12 en position centrale arrière, une prouesse technique hors du commun à son époque. Affichant une puissance qui faisait pâlir Ferrari ou Porsche, la Miura n’a pas seulement réécrit les règles de la compétition, elle a également conquis les passionnés et les célébrités du monde entier, devenant un mythe roulant. Plus d’un demi-siècle après sa sortie, ce bolide de Sant’Agata Bolognese continue de fasciner, autant par ses performances dignes des plus grandes légendes automobiles que par la montée impressionnante de sa cote sur le marché des collectionneurs. Plongeons dans les entrailles de cette machine de rêve, pour décortiquer sa fiche technique, ses évolutions, et son impact sur le marché aujourd’hui.
Design et innovation : la signature indélébile de la Lamborghini Miura
La Lamborghini Miura s’impose d’emblée comme une œuvre d’art au salon de Genève 1966, signée du génie de Marcello Gandini pour le carrossier Bertone. A seulement 27 ans, Gandini dessine un coupé deux places à la silhouette incroyablement basse, mesurant à peine 1,05 mètre de hauteur. Cette ligne affûtée ne résulte pas d’un simple caprice esthétique mais d’une étude approfondie en soufflerie qui garantit une aérodynamique peaufinée. Les proportions de la Miura détonnent : le cockpit est noyé entre un avant plongeant et un arrière puissant où trône fièrement le moteur.
En termes de conception, la carrosserie en trois morceaux distincts – l’avant, le cockpit et l’arrière – démontables séparément facilitait l’accès au moteur, une idée pratique révolutionnaire à l’époque. Cette modularité rappelle un peu l’ingéniosité employée plus tard dans des supercars comme la Pagani Huayra.
Quelques détails spécifiques attirent immédiatement le regard :
- Les phares ovales escamotables, entourés de grilles noires mates évoquant des cils, apportent une touche féline à la voiture 🐆.
- La lunette arrière est équipée de jalousies pour extraire l’air chaud provenant du moteur, un trait distinctif devenu iconique.
- Des lignes tendues et une absence quasi-totale de chromes rendent la silhouette agressive, contrastant avec les standards plus sages d’une Bentley ou d’une Aston Martin de la même décennie.
Le style Gandini agit comme un aimant pour les passionnés et les stars, rivalisant avec les créations de Pininfarina pour Ferrari ou les lignes de l’Alfa Romeo Montreal. La grandeur esthétique de la Miura ouvre ainsi la voie à une nouvelle ère dans le design automobile, où la beauté mêlée à la performance devient un standard recherché.
| Caractéristique ✨ | Détail Technique 🛠️ | Impact et Particularités 🚀 |
|---|---|---|
| Hauteur | 1,05 mètre | Une des voitures les plus basses de l’époque, positionnant la Miura proche du sol pour une meilleure tenue de route |
| Carrosserie | Trois sections démontables | Facilitaient l’entretien moteur, innovation signée Bertone |
| Phares | Escamotables et entourés de grilles mates | Inédits à l’époque, accentuent le caractère félin |
| Aérodynamisme | Étude soufflerie approfondie | Amélioration des performances et stabilité à haute vitesse |
Le chef-d’œuvre de Marcello Gandini aura laissé une empreinte durable, influençant non seulement Lamborghini mais également des marques ennemies comme Ferrari et Bugatti, prouvant que le style n’est jamais une simple question d’apparence mais bien une arme dans la course à la performance.
Fiche technique complète : le cœur battant d’une légende mécanique
À l’époque, rivaliser avec la Ferrari 365 GTB ou la Porsche 911 n’était pas une mince affaire. Lamborghini a frappé fort avec la Miura grâce à son moteur V12 transversal placé en position centrale arrière, une exclusivité qui appartenait surtout aux voitures de compétition et aux prototypes rares.
Voici ce qui compose la mécanique de la Miura, en fonction de ses différentes versions :
- Miura P400 (1966-1969) : 3 929 cm³, 350 chevaux à 7000 tr/min, 280 km/h, poids plume de 985 kg. Une véritable fusée, légère et nerveuse.
- Miura P400 S (1969-1972) : 3 929 cm³, puissance portée à 370 chevaux à 7700 tr/min, vitesse de pointe de 285 km/h, poids 1 040 kg. Le juste milieu entre race et confort.
- Miura P400 SV (1971-1973) : 3 929 cm³, 385 chevaux à 7850 tr/min, 290 km/h, 1245 kg. Plus forte, plus large, plus rapide.
Le moteur V12 signé Bizzarrini, avec quatre carburateurs Weber triple corps, exprime une sonorité unique, sorte de grondement féroce qui élève la Miura à la tête des supercars de son époque, devançant même Aston Martin ou Maserati en performances.
Le châssis, assemblé à partir d’une structure en acier allégée par perforations, dispose d’une suspension à triangles superposés tant à l’avant qu’à l’arrière, et se chausse de pneus Pirelli Cinturato adaptés aux prouesses de la bête.
| Version 🏷️ | Puissance ⚡ | Vitesse max. 🚗 | 0-100 km/h ⏱️ | Poids 🏋️♂️ | Couple max. ⚙️ |
|---|---|---|---|---|---|
| Miura P400 | 350 ch at 7,000 rpm | 280 km/h | 6.7 sec | 985 kg | 38.5 mkg at 5,000 rpm |
| Miura P400 S | 370 ch at 7,700 rpm | 285 km/h | 5.6 sec | 1,040 kg | 39.5 mkg at 5,500 rpm |
| Miura P400 SV | 385 ch at 7,850 rpm | 290 km/h | — | 1,245 kg | 40.7 mkg at 5,750 rpm |
À noter que la transmission est manuelle 5 rapports, une prothèse mécanique qui injecte encore plus de plaisir à l’expérience de conduite, bien loin des boîtes automatiques actuelles. La Miura détient cette aura sauvage, brute, qui fait vibrer à chaque passage de vitesse, et un rapport poids/puissance implacable qui la propulse parmi les plus légendaires de la catégorie.
Dans l’univers automobile de 2025, cette architecture est devenue un standard pour les supercars, repris par Pagani ou Bugatti, mais la Miura reste la matrice originale, la matrice d’où tout est parti.
Les évolutions et variantes : de la Miura S à la mythique Jota
La Miura, tout au long de sa production, s’est enrichie de versions qui améliorent ses défauts, peaufinent son confort et poussent la puissance vers de nouveaux sommets. L’histoire de ses évolutions est aussi passionnante que son succès initial.
La Miura P400 S, introduite en 1968, a corrigé plusieurs points:
- Confort amélioré avec des sièges redessinés et une instrumentation plus complète 🎛️
- Vitres électriques, un pas vers la modernité pour une sportive aux manières de grand tourisme.
- Renforts de carrosserie et montée en poids, passant à environ 1050 kg à l’introduction.
- Encadrements de vitres chromés pour une touche d’élégance.
Quelques années plus tard, la révolution continue avec la Miura P400 SV, qui monte à 385 chevaux, adopte des voies plus larges et une nouvelle suspension arrière avec quadrilatères. Ses pneus Pirelli plus larges donnent à cette version une allure carrément « course »🚦.
Parmi les versions les plus exclusives, la Miura Jota reste une légende. Ce prototype allégé de 360 kg par Bob Wallace a porté la puissance à 440 chevaux grâce à une distribution revue et un taux de compression élevé. Malheureusement, la Jota a disparu à la suite d’un accident, mais son héritage reste vivace dans l’esprit des amateurs et même dans certains projets de répliques.
- Miura P400 S : équilibre entre puissance et confort 💺
- Miura P400 SV : l’ultra-sportive prête à défier Porsche et Bentley sur circuit 🏁
- Miura Jota / SVJ : l’apogée technologique, destinée à la course mais hors production 📉
- Miura Roadster : unique exemplaire spectaculaire pour le marketing, jamais commercialisé 🚙
| Version Miura 🐂 | Puissance Chevaux ⚡ | Années Production ⏳ | Caractéristiques clés 📝 | Production (unités) 📦 |
|---|---|---|---|---|
| P400 | 350 ch | 1966-1969 | Moteur V12 3929 cc, châssis léger, premières jalousies arrière | 475 |
| P400 S | 370 ch | 1969-1972 | Confort amélioré, vitres électriques, carrosserie renforcée | 140 |
| P400 SV | 385 ch | 1971-1973 | Suspension arrière revue, voies élargies, pneus larges | 150 |
| Jota / SVJ | 418-440 ch | Prototype de 1970 | Allégée, moteur modifié, destinée à la compétition | 5 (pour le Jota original) |
Les ingénieurs de Lamborghinin’ont cessé d’expérimenter en enrichissant le moteur, les trains roulants et les finitions, poussant la Miura toujours plus près du mythe.
Valeur et cote actuelle : une explosion sur le marché des collectionneurs
Sur le marché actuel, la Lamborghini Miura fait figure de Graal pour les collectionneurs. Sa rareté – moins de 800 exemplaires construits toutes versions confondues – en fait un objet de désir exclusif. La cote de la Miura a monté en flèche depuis la fin des années 1980, surpassant parfois des classiques comme Aston Martin DB5 ou Jaguar E-Type.
Le prix dépend essentiellement de la version et de l’état du véhicule :
- Miura P400 : se négocie aujourd’hui à partir de 75 000 euros 💶, avec une forte demande pour les modèles en état d’origine.
- Miura P400 S : s’échange entre 90 000 et 100 000 euros, notamment auprès des amateurs de performances conjuguées à plus de confort.
- Miura P400 SV : les exemplaires bien entretenus approchent voire dépassent les 120 000 euros, surtout en version restaurée compétition.
Les modèles Jota et SVJ, eux, atteignent des sommets encore plus vertigineux dans les ventes aux enchères, considérées comme de véritables pièces rares et des œuvres d’art mécaniques. Certains exemplaires ont frôlé ou dépassé le million d’euros dans des ventes privées, soulignant un engouement sans précédent.
- Facteurs influant sur la valeur : 🔑
- Authenticité et provenance du véhicule
- État général, notamment mécanique et carrosserie
- Historique des restaurations
- Rareté de la version
- Documentation complète et certificats d’origine
En comparaison, d’autres supercars classiques telles que la Maserati Ghibli des années 70 ou la Jaguar E-Type ne bénéficient pas du même engouement populaire, ce qui souligne la stature unique de la Lamborghini Miura dans le cœur des collectionneurs du monde entier.
Comment la Miura influence toujours l’univers des supercars en 2025
La Miura incarne le prototype original de la supercar européenne. Son architecture moteur centrale arrière est aujourd’hui la norme chez les poids lourds comme Bugatti, Pagani, ou même Aston Martin avec ses modèles hyper-sportifs. Lamborghini a mis la barre très haut dès le début, imposant une technologie et un design que les constructeurs rivaux, tels Ferrari ou Porsche, ont dû intégrer et dépasser au fil des décennies.
Cette influence est visible dans plusieurs aspects :
- Disposition moteur centrale : standard incontournable pour optimiser équilibre et dynamique.
- Design ultra-bas et agressif, cherchant à minimiser la traînée tout en maximisant l’impact visuel.
- Matériaux innovants pour réduire le poids, un défi précieux hérité de la structure légère en acier perforé de la Miura.
- Une philosophie autour de la sportivité accessible malgré une architecture complexe, testée par d’autres marques comme Alfa Romeo ou Bentley qui prennent exemple sur cette approche pour des modèles hybrides ou électriques.
Les supercars de 2025 continuent de se référer à la Miura comme à une icône qu’il faut non seulement honorer mais aussi systématiquement améliorer. Un exemple concret : la nouvelle Pagani Huayra R, qui adopte une architecture moteur centrale inspirée directement de ce que Lamborghini a initié, mais avec une électronique et un rendement énergétique avancés.
Questions fréquentes sur la Lamborghini Miura
- Quels sont les points forts mécaniques de la Miura ?
Son moteur V12 transversal central arrière, sa légèreté, et une puissance entre 350 et 385 chevaux selon les versions, offrent une expérience de conduite exceptionnellement vivante et performante. - Quelle version de la Miura est la plus recherchée ?
La Miura P400 SV est celle qui atteint les prix les plus élevés grâce à son équilibre entre puissance accrue et améliorations techniques, suivie de près par la Jota pour les collectionneurs avertis. - La Miura est-elle fiable aujourd’hui ?
Comme toute voiture d’époque, la Miura demande un entretien rigoureux, surtout côté moteur et système de refroidissement, mais la qualité des ingénieurs de Lamborghini garantit une robustesse admirable. - La Miura a-t-elle influencé d’autres marques ?
Oui, notamment Ferrari, Porsche, Alfa Romeo et même Bentley, qui ont intégré des principes de design et de motorisation similaires dans leurs supercars modernes. - Comment évolueront les prix de la Miura en 2025 et au-delà ?
La tendance est clairement à la hausse, portée par une rareté accrue et l’attention croissante des collectionneurs pour l’art automobile italien.

